La pêche et les ressources halieutiques au Sénégal

Au Sénégal, une des régions les plus poissonneuses du monde, le secteur de la pêche, en progression constante, joue un rôle capital dans l’économie nationale. Le ballet incessant des pirogues le long de nos côtes et l’activité intense des chalutiers au large en sont une preuve flagrante.

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Retour de pêche à Kayar

Ce secteur, dans lequel les enjeux économiques sont grands, nécessite une législation stricte. Grâce au nouveau Code maritime de 2015, la réglementation pour lutter contre la pêche illégale a été renforcée et une démarche de protection de l’environnement marin a été affirmée par les autorités sénégalaises. Attrait touristique de taille, la pêche sportive aussi se développe, car dans les eaux sénégalaises foisonnent des poissons rares, tant par la taille, que l’espèce.

Loi n° 2015-18 du 13 juillet 2015 portant Code de la pêche maritime au Sénégal

Avec un taux de captures annuelles de 450 000 tonnes l’an, le Sénégal est le deuxième pays producteur de la sous région, derrière le Nigeria (530 000 t), suivit de près par le Ghana (344 000 t).

Au pays du « tiep bou diene », la consommation de poisson est importante (70 % des apports nutritionnels en protéines d’origine animale (source rapport ISS 2016), avec en moyenne 20,7 kg/an/personne selon la CSRP (Commission sous-régionale de pêche).

La première branche exportatrice du pays

La pêche est aussi la première branche exportatrice du pays. Le principal produit halieutique exporté est le poisson frais (79 %), suivi par les conserves (5 %), les produits transformés (4 %).

La vie socio-économique du pays est donc rythmée en grande partie par le secteur de la pêche, qui emploie environ 600 000 Sénégalais. Les acheteurs des produits halieutiques sénégalais sont principalement pour le poisson la Côte d’Ivoire, la Corée du sud et la France, et pour les crustacés et mollusques, les pays européens, France, Espagne et Italie notamment. Les exportations sont aussi en hausse vers la Chine. Les industries sont presque autant fournies par la pêche artisanale que la pêche industrielle. La zone de Dakar est la première région de débarquement (40 %), suivie par celle de Thiès (28 %) et celle de Saint-Louis (27 %).

Ressources halieutiques

La zone maritime sénégalaise est riche de quatre sortes de ressources halieutiques. En haute mer, les ressources pélagiques hauturières (tropicaux et petits thonidés côtiers), les ressources pélagiques côtières (sardinelles, chinchards, maquereaux etc), qui constitue plus de 70 % des prises réalisées dans la Zone économique exclusive sénégalaise, principalement via la pêche artisanale, part la plus importante de la consommation locale. Les ressources démersales côtières (crevette côtière, langouste, crabe, sole, rouget, capitaine, mérou, dorade, poulpe), à forte valeur marchande pour l’exportation, capturés par des chalutiers industriels et les pirogues de pêche artisanale, sont à la base des activités de la plupart des industries de transformation et d’exportation. Enfin, les ressources démersales profondes (crevettes profondes, merlus), qui sont presque exclusivement pêchées par des chalutiers. (Plus de détail sur les espèces et les saisons de pêche).

Les différentes formes de pêches pratiquées sont adaptées à la diversité des ressources halieutiques, et ne peuvent l’être que dans le respect des réglementations, licences et permis demandés par l’Etat. La pêche sans autorisation est punie d’une amende.

Pêche industrielle

En grande partie vouée à l’exportation, la pêche industrielle est exercée par des entreprises sénégalaises et étrangères, soumises à une réglementation stricte. Pour exercer la pêche industrielle dans les eaux sénégalaise, les armateurs des chalutiers doivent être munis d’une licence de pêche en cours de validité, délivrée par le ministre chargé de la Pêche maritime.

Il existe quatre types de licences à l’intérieur desquelles existent des options : licence de pêche démersale côtière, licence de pêche démersale profonde, licence de pêche pélagique côtière, et licence de pêche pélagique hauturière. Trois catégories de navires peuvent prétendre à une licence de pêche : les navires battant pavillon sénégalais, les navires étrangers affrétés par les sociétés sénégalaises, et les navires battant pavillon d’un Etat avec lequel le Sénégal est lié par un accord (comme l’Union Européenne). Le coût de la licence est fonction du type de pêche et du tonnage jauge brute du navire. Les autorisations de pêche sont accordées pour une période de 6 mois, renouvelables une fois.

Pêche artisanale

La pêche artisanale, avec 19 000 bateaux en activité, dont 4 350 pirogues, est très active, et contribue à 11 % du PIB primaire et 2,5 % du PIB total (Selon l’Agence nationale de la statistique). Les débarquements de la pêche artisanale fin avril 2016 sont de 144 872 tonnes (8 793 tonnes de plus qu’à la même période en 2015). Sur les 600 000 Sénégalais qui travaillent dans ce secteur, 400 000 sont dans la pêche artisanale. L’exercice de la pêche artisanale nécessite l’obtention d’un permis de pêche délivré par les chefs des services régionaux de la pêche et de la surveillance, accordé pour la période allant du 1er janvier au 31 décembre.

Le permis de pêche est réparti en 3 catégories : le permis A pour la pêche à pied (5 000 FCFA), le permis B pour les pirogues de 0 à 13 mètres (15 000 FCFA), le permis C pour les pirogues de plus de 13 mètres (25 000 FCFA). Pour les ressortissants des pays africains pêchant en dehors de tout accord de leur pays avec le Sénégal, les redevances sont différentes : Catégorie A : 100 000 FCFA pour les pêcheurs à pied, Catégorie B : 200 000 FCFA pour les pirogues de 0 à 13 m, Catégorie C : 300 000 FCFA pour les pirogues de plus de 13 m.). Il n’existe pas au Sénégal une zone réservée à la pêche artisanale mais une frange maritime de 6 milles marins créée par la loi 70-02 du 27/01/1970 où l’utilisation du chalut de fond est interdite. Les sardiniers ont le droit de pêcher dans une partie de la zone concernée et les thoniers sur toute l’étendue des eaux sénégalaises.

Distribution et transformation des ressources halieutiques

L’exercice de la profession de mareyeur est soumis à l’obligation d’obtenir une carte de mareyeur, délivrée par la Direction des pêches maritimes, accordée pour la période du 1er janvier au 31 décembre. Il existe trois types de catégorie de cartes : la carte de mareyeur 1ère catégorie destinée aux pêcheurs-mareyeurs (20 000 FCFA), la carte de mareyeur 2e catégorie (30 000 FCFA), la carte de mareyeur 3e catégorie destinée au micro-mareyage (10 000 FCF). Toute personne physique ou morale de nationalité sénégalaise ou étrangère peut bénéficier de la carte de mareyeur.

Côté transformation, juste après les conserves, la production de farine de poisson doit répondre à la demande de plus en plus accrue sur les principaux marchés internationaux. Elle est utilisée pour 46 % dans l’aquaculture, 24 % à l’élevage des porcs, 22 % aux autres animaux. Autrefois fabriquée avec les déchets de poisson, cette farine est maintenant réalisée avec du poisson frais en grande quantité. Le poisson séché, avec ou sans sel, de manière artisanale, est emballé dans des cartons et principalement vendu dans les pays de la sous-région comme le Mali, la Guinée, le Burkina, etc.

En dehors des conserves, il existe une forte demande à l’export pour : huiles de foie et écailles séchées pour les industries cosmétiques et pharmaceutiques (France notamment), vessies natatoires (Asie), onglets de toufa (Arabie Saoudite pour des parures), estomacs et œsophages séchés destinés à la consommation. LaGrande Bretagne en importe des quantités importantes.

Réglementations et gestion du secteur

Soumis à des règles strictes, il est l’objet d’un effort en terme de réglementations de la part des autorités, pour un meilleur rendement et un renforcement de la qualité de ses produits. Les autorités s’efforcent désormais de pratiquer une gestion durable de la ressource, en imposant des périodes de non pêche pour assurer un repos biologique du poisson, en gelant l’immatriculation de nouvelles pirogues, en annulant des licences de pêche d’espèces pélagiques attribuées à des navires étrangers et en luttant contre la pêche illégale.

Tout navire de pêche industrielle étranger, autorisé à opérer dans les eaux sénégalaises doit avoir un observateur des pêches à son bord, chargé de vérifier si tout est conforme à bord aux accords et réglementations. Des accords spécifiques peuvent êtres signés avec certains, comme avec l’Union européenne depuis 1979.

Un nouveau Code de la Pêche maritime a été adopté en 2015 (loi n° 2015-18 du 13 juillet 2015). Les sanctions prévues en répression des infractions y sont revues en hausse, l’interdiction de l’utilisation du filet mono filament est renforcée, et la volonté de préservation des ressources halieutiques notamment des sardinelles y est notable. Le processus d’élaboration du code de la Pêche continentale et celui de l’Aquaculture est aussi en cours.

Démarches

A télécharger

Ressources halieutiques

Les ressources halieutiques

(extrait du Guide des ressources halieutiques du Sénégal, FAO)

GRANDS PÉLAGIQUES DE PÊCHE SPORTIVE

  • Voilier (Istiophorus albicans)
    Lébou : Doung doung ; Wolof : Dieunou-dong.
    Taille maximum : 3 m. Espèce très migratrice de mai à octobre.
  • Marlin (Makaira)
    Taille maximum : jusqu’à 4 m.
  • Dorade coryphène (Coryphaena hippurus)
    Lébou : Kakatarou guedj ; Wolof : Ndiakhsine, Yiteunte
    Taille : jusqu’à 160 cm. Espèce pélagique très commune de mai à octobre, surtout autour du Cap-Vert.

GRANDS PÉLAGIQUES : THONS ET THONINES

  • Thon albacore (Thunnus albarcares)
    Lébou, Wolof : Ouakhandar
    Taille max : 2 m. Fréquente les eaux hauturières.
  • Bonite à ventre rayé (Katsuwonus pelamis)
    Taille max : 70 cm. Fréquente les eaux côtières profondes et océaniques, plus commune durant la saison froide (décembre à mars).
  • Ravil (Euthynnus allettaratus)
    Lébou : Douleu douleu, Wolof : Kiri kiri, Oualass
    Taille max : 100 cm. Fréquente les eaux côtières.

PETITS PÉLAGIQUES

  • Sardinelle ronde (Sardinella aurita)
    Lébou : Meureug ; Wolof : Yaboy meureug
    Taille max : 35 cm. Fréquente les zones d’upwelling (eaux froides salées. Durant l’hivernage, les bancs se trouvent jusqu’à 300 m.
  • Sardinelle plate (Sardinella maderensis)
    Lébou : Tass ; Wolof : Yaboy tass
    Taille max : 30 cm. Espèce côtière des eaux chaudes, de la surface jusqu’à 50 m, parfois rencontrée dans les estuaires et les lagunes.
  • Cobo (Ethmalosa fimbriata)
    Lébou : Awatt ; Wolof : Fassou caba ; Diola : Diata ; Sérère : Tindal tchatch.
    Taille max : 40 cm. Fréquente les estuaires, les eaux côtières, les lagunes et les rivières. Se pêche toute l’année dans les estuaires du Saloum et de la Casamance.

POISSONS DE FOND

  • Sole (Cynoglossus senegalensis)
    Lébou : Ndédere ; Wolof : Tapalé
    Taille max : 40 cm. Fréquente les eaux sablo-vaseuses côtières entre 10 et 110 m.
  • Rouget (Pseudupeneus prayensis)
    Lébou, Wolof : Ngor sikim
    Taille max : 33 cm. Fréquente les fonds sableux et vaseux de 1 à 60m, souvent entre 20 et 45m.
  • Sompatt (Pomadasys jubelini)
    Lébou : Sompatt ; Wolof : Corogne ; Sérère : Ngokoy
    Taille max : 40 cm. Fréquente les eaux côtières et les estuaires. Se rencontre sur les fonds vaseux et sablo-vaseux jusqu’à 60m.
    merou
  • Machoiron (Arius latisculatus)
    Lébou : Kong ; Wolof : Dakak ; Sérère : Kutkudian
    Taille max : 60 cm. Fréquente les eaux côtières et saumâtres, commune durant l’hivernage, se capture également dans les marigots.
  • Brotule (Brotula barbata)
    Lébou, Wolof : Mori
    Taille max : 75 cm. Les adultes fréquentent les fonds vaseux profons du talus continental.
  • Capitaine (Galeoides decadactylus)
    Lébou : Tiekem ; Wolof : Siket Mbao ; Sérère : Damald woruma
    Taille max : 45 cm. Zones côtières peu profondes sur fonds sableux et vaseux et les estuaires. Fréquente de mai à octobre.
  • Mérou à points bleus (Cephalopholis taeniops)
    Lébou : Kelle ; Wolof : Khonke
    Taille max : 45 cm. Fréquente les zones rocheuses et les fonds coraliens cotiers (de 3 à 75 m) et les fonds sableux côtiers. Présente toute l’année.
  • Thiof (Epinephelus aeneus)
    Lébou, Wolof : Thiof ; Sérère : Nodiof
    Taille max : 115 cm. Fréquente les fonds sableux et vaseux de la côte jusqu’à 100m. Espèce migratrice de la côte nord vers le sud.

SÉLACIENS

  • Requin (Carcharhinus limbatus)
    Lébou : Mane ; Wolof : Gandé guetj
    Taille max : 250 cm. Fréquente les eaux côtières littorales et hauturières.
  • Raie guitare (Rhinobatos rhinobatos)
    Lébou : Tanneu ; Wolof : Thiaukher
    Taille max : 100 cm. Fréquente les eaux côtières peu profondes.
  • Raie (Dasyatis pastinaca)
    Taille max : 250 cm. Fréquente les fonds côtiers peu profonds.

CÉPHALOPODES

  • Poulpe (Octopus vulgaris)
    Fréquente divers habitats de 0 à 200 m.
  • Seiche (Sepia officinalis)
    Taille max : 40 cm de longueur du manteau, 3,5 kg. De la surface à des profondeurs de 200m.

Saison des pêches

Saison des pêches

J F M A M J J A S O N D
Badèche * * ** ** ** * * * * * * *
Carangue * * *
Carpe Rouge * ** ** ** ** ** ** **
Diabar * ** ** ** ** ** ** **
Coryphène * ** ** ** ** ** *
Espadon voilier * ** ** ** ** ** *
Marlin bleu ** ** * ** **
Requin Bouledogue * * * * *
Requin marteau ** ** ** ** ** **
Requin tigre * * * * *
Thon Little Tuny * * * * ** ** ** ** ** ** ** **
Poissons à la Palangrotte ** ** ** ** **
Wahoo ** ** *

Légende :
( ) Hors saison
(*) Bonne période
(**) Très favorable

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  • Sénégal

    Bonjour nous sommes des jeunes étudiants à Ism mbour dans le cadre de notre projet de création d’une mini entreprise nous cherchons des collaborateurs pour écouler nos produits 774774343/778917099

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  • Sénégal

    J’ai été séduit par votre article. J’aimerai avoir des renseignements sur la gestion des déchets de poissons au Sénégal. J’ai une petite société au Sénégal ( M,Bour) et connais parfaitement le métier de la gestion des déchets et je souhaiterais aider à faire quelque chose pour le Sénégal. Merci de votre réponse. Cordialement

    • Sénégal

      Il y’a pleins des entreprises qui y travail mais font faillite malheureusement , je suis disponible pour la réflexion du projet gestion de déchets pour une pêche durable

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    Bonjour .Je recherche des fournisseurs de poissons frais a Dakar pour exporter a Barcelone.
    Merci.

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  • Sénégal

    we export fresh fish all over EU ,US from Senegal we are base in dakar yoff
    contact us for more details . 77 861 66 10

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    bonjour,
    je suis senegalais habitant de la petite cote entre mbour et les iles du saloum.
    En effet je viens de mettre en place une societé de vente des produits halieuthiques plus particulierement les poissons fumés comme le khétia le kong fumé et le gueddj de toutes genres.
    je vends aussi des huitres yohoss...
    contact:00221772589032 ou 766577894

    • Sénégal

      je suis intéressé.je suis un sénégalais vivant en France et je suis régulièrement au sénégal et voudrai mettre en place un réseau commercial de produits halieutique en europe.si ça vous intéresse contactez-moi vite si possible au 0033754291473 ou 0033980717933.

    • Sénégal

      je suis intéréssé et je veux bien compter sur toi pour un bon partenariat.

      je souhaite rentrer en contact avec toi dans le cadre d’un rapport professionnel.

    • Sénégal

      je suis intéressé et j’habite dans la zone de kafountine qui parle de kafountine sait que c’est un village poissonneux il y a les ils karone qui entourent kafountine d’où les palétuviers sont encore en vie.Par exemple on les huitres, les gros poissons, le khétia,et surtout le Kong fumé, tout genre de poisson qui existe au Sénégal. De la Casamance, je peux faire le tour des quais de pêche de kafountine, Ziguinchor jusqu’au Capskiring et même à karabane et Diogué tel : 00221 77 277 82 27

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