La Sometra, société chinoise qui a ses quartiers à Sebikotane, a le monopole dans le secteur du recyclage de ferraille depuis l’interdiction par l’Etat de son exportation de ferraille. Tout ce qui est collecté sur le territoire leur est vendu officiellement. Un business dans lequel même les plus petits se sont lancés, car ils se précipitent ici avec des sacs plein de vieilles marmites, assiettes en inox, cuillères, théières, tout ce qui peut être acheté. Mais ceci est une exception, car seuls les habitants de Sebikotane et environs peuvent venir proposer de la marchandise de quelques kilos et gagner un deux milles ou plus.
La politique de la maison n’accepte en général que de la ferraille en tonnes que convoient des camions plein à ras bord. Des points de collecte (près de 90 pour la seule ville de Dakar) ont été installés dans plusieurs villes, avant que la ferraille ne soit acheminée par camion à l’usine. C’est 250 tonnes qui arrivent ainsi chaque jour, produisent 6000 tonnes de produits finis après le recyclage.
Révolue le temps ou l’on confiait les enfants aux femmes de ménage. la nouvelle tendance amène les enfants de 3mois à 3ans à la crèche. Désireux de plus de professionnalisme et de sécurité ces enfants y sont amusés et occupés jusqu’a l’arrivé des parents.
La Sometra, même si elle collecte tout, du fer en passant par l’inox, l’aluminium et le bronze, n’utilise que le fer pur pour la transformation dans ses locaux. Le reste est envoyé à l’état à une société espagnole qui l’utilisera pour fabriquer des câbles. Pour le Sénégal, après fusion, on aura du fer de référence F E 400, très prisé dans le bâtiment. Ce fer vient en deuxième position après le fer de référence F E 500 utilisé pour des constructions de plus grandes envergure (immeuble de 20 étages ou plus).
Aujourd’hui, le fer de la Sometra se vend comme de petit pain et a fait baisser l’exportation vers les pays de la sous-région. Au départ, la société exportait beaucoup vers la Mauritanie, le Mali, près de 60% de sa production, mais avec le boom immobilier, les commandes nationales ont grimpé, réduisant à une infime quantité les produits à l’export. Cette société qui avait été mal accueillie au départ par les exportateurs de ferraille (son installation avait coïncidé avec le décret interdisant l’exportation de ferraille), semble être une alternative pour les acteurs du bâtiment qui peuvent avoir du fer local à bon prix. La tonne de fer de la Sometra est vendue aujourd’hui à 370 000 FCFA, alors que le fer importé est lui vendu à 420 000 FCFA.
La Sometra emploie environs 350 soudeurs, mécaniciens, chalumistes, chimistes sénégalais et chinois. Des hommes qui travaillent à 25 fusions par jour. C’est-à-dire fondre le fer dans de grosses cuves avant de le transformer en fer pour bâtiments. Un travail dangereux qui a déjà fait des victimes dans le passé. Mais les responsables rassurent qu’aujourd’hui, le système de sécurité a été renforcé, baissant de 90% les accidents de travail.
Cependant, aucune politique de rapprochement avec les autorités étatiques pour prendre le problème à bras le corps et débarrasser le Sénégal entièrement des ces ordures. Malgré les discours sporadiques sur l’environnement, les mesures prises, la mise en pratique est encore loin d’être une réalité, car Dakar à elle seule croule sous la ferraille usée.
SOMETRA
Km 40 Route nationale N°2
Sébikotane
33 836 99 99



