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La noix de cajou, un marché qui cache bien des réalités

Originaire du Brésil, la noix de cajou, issue de l’anacardier, est de nos jours un des produits star de l’Afrique. Grandement consommée en Inde, au Brésil, en Chine et dans de nombreux pays d’Asie et d’Amérique, cette petite noix commence à générer un vrai business sur le continent.

Partagez cette page Publié le 26 novembre 2019 | 0 commentaire

Le succès de la noix de cajou pousse les différents États producteurs à prendre des mesures pour protéger la commercialisation du produit qui est très souvent aujourd’hui l’objet de la convoitise de nombreux circuits de commercialisation illégale.

Une filière porteuse

Au Sénégal, pendant longtemps, la culture de l’anacarde est restée marginale et n’était l’apanage que de quelques rares producteurs, surtout dans le sud du pays, dans les régions de Ziguinchor et de Kolda surtout.

Pourtant, depuis le début des années 2000, les perspectives ouvertes par l’exportation et la forte demande étrangère ont boosté la filière. L’Afrique de l’Ouest est de loin le premier fournisseur de noix de cajou brute avec plus d’1,6 million de tonnes exportées en 2018 et renforce sa position pour représenter près de 80 % de la totalité des exportations mondiales, contre près de 75 % en 2017.

En 2011 déjà, le Sénégal, à lui seul, produisait 50 000 tonnes métriques de noix de cajou, selon Mamadou Dabo, coordonnateur de la filière noix de cajou de l’USAID à Dakar. Et pourtant, toujours selon M. Dabo, le Sénégal n’a pas atteint son potentiel de production qui est de 80 à 100 000 tonnes par an.

Pomme de cajou
Pomme de cajou

Cependant, la nette amélioration de la production entre 2000 et 2011 ne peut être niée. Aujourd’hui, selon l’IRD, la culture de l’anacarde occuperait près de 22 500 ménages avec une population dépendante (population totale des ménages producteurs) estimée à 352 000 individus, essentiellement concentrés dans la zone sud du pays, entre Kolda et Sédhiou. Du fait des chiffres de plus en plus gros généré par la filière et d’un trafic illégal du produit qui prend de plus en plus d’ampleur, l’État du Sénégal a pris des mesures pour encadrer le secteur.

Un secteur à la merci des trafiquants

Le Sénégal est le 13e producteur mondial de noix de cajou selon la FAO. Pourtant, le pays a encore du mal à tirer de la filière des revenus corrects, capables de satisfaire les besoins des quelques milliers de familles qui dépendent de la production et de la commercialisation du produit.

Cela est surtout dû au fait que l’exportation de la noix est essentiellement assuré par des acteurs économiques privés, qui exerce un contrôle notamment sur les transactions liées au produit et à son exportation, favorisant ainsi l’apparition et l’évolution d’un marché noir.

En réalité des négociants indiens, en toute discrétion, sont au cœur de ce trafic clandestin le long de la frontière. Les exportateurs indiens chargent les commerçants locaux et autres intermédiaires de leur apporter le produit, en proposant des prix bien supérieurs au prix moyen du marché sénégalais, fixé chaque année par l’État. Plutôt que de laisser la marchandise transiter par le port de Dakar où les frais de fret sont assez élevés et les procédures administratives longues, ces négociants la faisaient plutôt passer par le port de Banjul, en Gambie. Depuis 2018 cependant, l’État, dans l’intention de protéger la filière et ses revenus, a décidé de fermer ses frontières avec la Gambie, mettant ainsi les commerçants devant l’obligation de faire transiter leur noix par le port de Ziguinchor, récemment réhabilité.

Mais le problème des difficultés techniques et administratives demeurent, le port n’étant pas outillé pour accueillir de grands navires qui pourraient partir directement vers l’étranger. Les commerçants sont ainsi encore obligés de passer par Dakar. Du coup, le trafic continue et certains commerçants n’hésitent pas à user de ruse ou de corruption pour faire transiter la marchandise par la Gambie.

Anacardier
Anacardier

Des producteurs sous pression

Devant la nécessité d’écouler leur marchandise face au manque criard d’infrastructures de conservation ou de transformation de leur production, et devant des prix de vente fixé par l’État qui, selon les agriculteurs ne prend pas en compte l’avis des producteurs mais plutôt celui des filiales internationales qui décident des prix, les producteurs de noix de cajou cèdent souvent à la tentation de vendre leur marchandise au noir, à travers des intermédiaires qui leur proposent des prix alléchants, même si sur le papier, la pratique est interdite par la loi.

Des solutions sont pourtant envisageables, en vue de booster et protéger la filière et ses acteurs. La mise en place d’un système de vente qui favoriserait les producteurs plutôt que les acheteurs pourrait par exemple, permettre aux producteurs de se départir des pratiques illégales et de la pression exercée par le marché noir.

Mais pour cela il faudrait des mesures telles que l’érection d’usines de transformation du produit pourrait libérer l’État du joug des deux principaux acheteurs que sont l’Inde et le Vietnam, qui quasiment, les deux seuls pays à acheter le produit brut et donc, n’hésite pas à imposer leurs prix.

Marième Kane

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