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Souleymane Agne et le bio : plus qu’une passion, une mission

« Les Sénégalais ne sont pas suffisamment sensibilisés au bio. Nous devons lancer des campagnes de formation et de sensibilisation afin d’orienter les agriculteurs vers l’agriculture biologique et pousser les consommateurs à faire plus attention à leur santé », message d’un convaincu d’un futur possible avec le bio.

Partagez cette page Publié le 20 juillet 2017 | 3 commentaires

Pouvez-vous vous présenter ?

Thierno Souleymane Agne, agronome de formation, coach et formateur en agrobusiness. Je suis le directeur technique agricole co-fondateur de Bio-Agripoles Sarl, le président co-fondateur de BayTech Afrique et responsable de la formation du centre d’entreprise Cooper@active. Je suis un passionné de l’agriculture et très sensible aux questions touchant au développement durable et l’autosuffisance alimentaire.

Comment vous qualifieriez vous en un seul mot ?

En un seul mot je dirais que je suis le « CHANGEMENT ».

Expliquez-nous

Ma mission reste de révolutionner l’agriculture sénégalaise et africaine de façon générale. Je me suis lancé dans l’agriculture avec comme objectif de changer la donne. En 2012 lors de ma deuxième année d’étude, j’ai lancé ma première entreprise en m’associant avec des camarades de classe. Le projet porte le nom de Naatangué et s’investit dans l’agriculture biologique avec une approche unique et innovante. Un projet qui m’a permis de recevoir pas mal de titres. En juillet 2014 j’ai décidé de démissionner de ma propre entreprise parce que je ne partageais plus la même vision avec mes associés. Après ma démission, en octobre 2014 j’ai lancé une autre entreprise Waalu ma Agri qui a pour but d’accompagner et d’encadrer les agriculteurs dans leur campagne agricole. En Aout 2016 je me suis associé avec d’autres jeunes entrepreneurs, nous avons fusionné nos différentes entreprises pour créer Bio-Agripoles Sarl.

Comment en êtes vous venu au bio ?

Nous parlons souvent de changement climatique et nous n’arrivons pas à percevoir que l’agriculture est l’un des principaux secteurs responsable de ce phénomène, à travers l’usage des engrais et pesticides chimiques. L’usage de ces intrants chimiques entraine des conséquences énormes sur notre environnement (dégradation et appauvrissement des terres, pollution des nappes phréatiques, etc.) et sur la santé humaine. Pour remédier à ce problème, il suffit juste de parer à l’usage de ces poisons chimiques et trouver des alternatives. Nous avons alors décidé de marier nos pratiques ancestrales à des pratiques modernes afin de développer des méthodes de production innovantes qui nous permet d’améliorer la production agricole et de proposer des produits sains et durables.

Où œuvrez-vous ?

Nous intervenons sur l’axe Thiès, Mbour, les Niayes et Saint Louis.

Etes vous spécialisé en un fruit ou légume donné ?

Nous cherchons surtout à nous spécialiser en production de fraise bio. Certains pensent que c’est compliqué ou pas possible de produire de la fraise au Sénégal. Notre objectif est de prouver que c’est bien possible de produire de la fraise dans ce pays mais surtout de la fraise sucrée.

« Le plus grand problème de notre agriculture au Sénégal et en Afrique de façon générale est que nous nous fixons des périodes déterminées et inchangeables pour chaque culture, bref nous nous fixons des limites »

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pieds de fraise Sénégal

Quelles sont les périodes de semis et périodes de récoltes pour vos produits ?

Nous n’avons pas de périodes figées pour nos produits. Le plus grand problème de notre agriculture au Sénégal et en Afrique de façon générale est que nous nous fixons des périodes déterminées et inchangeables pour chaque culture, bref nous nous fixons des limites. Ce qui fait que certains légumes et fruits disparaissent du marché à une certaine période de l’année. Notre objectif est de surtout changer cette méthode de faire, nous cherchons à moderniser l’agriculture sénégalaise et surtout inculquer l’esprit agrobusiness aux exploitants et agriculteurs sénégalais. Et qui parle d’agrobusiness, parle forcément de planning et de l’établissement d’un calendrier cultural. Nos productions dépendent de la situation, des besoins et de l’évolution du marché. Nous avons l’habitude de produire de la fraise au mois de Novembre parce qu’on se dit que c’est la période recommandée mais rien ne nous affirme que ce ne soit pas possible de produire de la fraise toute l’année si les normes sont respectées et que les conditions sont réunies. En d’autres termes nous cherchons à semer, produire et récolter durant toute la période de l’année toute sorte de culture afin de faire de notre agriculture une agriculture continue et non périodique.

Le réchauffement climatique influe t-il sur votre activité ?

Nous avons surtout choisi de nous orienter dans l’agriculture biologique pour faire face au réchauffement climatique. Nous savons que l’usage et la production des intrants chimiques contribuent à l’augmentation des gaz à effet de serre. Mais le malheur est que les agriculteurs du monde rural qui représentent 75% de la population active n’en sont pas conscients. C’est pour faire face à ce problème que nous avons lancé le service Waalu ma Agri qui vise à accompagner et orienter les agriculteurs et exploitants agricoles vers l’agriculture biologique. Notre objectif via ce service est de former ces derniers aux bonnes pratiques agricoles et leur procurer les alternatives existantes pour parer à l’usage de ces engrais et pesticides chimiques. Ainsi notre quotidien est de promouvoir le développement de l’agriculture verte afin de protéger notre environnement et la santé humaine.

Cultiver bio revient-il cher au cultivateur ?

La culture bio peut revenir chère si on compte se limiter à l’achat des intrants bios produits par les sociétés de la place. Par contre si les agriculteurs pensent aussi à développer des méthodes nouvelles et intelligentes de production agricole en faisant focus sur ce que la nature leur propose, ils pourront faire du bio sans dépenser trop d’argent dans la production. Une façon de réduire ses coûts de production pour vendre à terme des produits bios à moindre coût et accessible à tous.

Le bio : un marché croissant

Existe-t-il un marché pour le bio au Sénégal ?

Il existe un fort marché bio au Sénégal. Ce qui manque par contre, ce sont des fruits et légumes bios. Nous arrivons à écouler nos produits en un temps record à travers notre groupe Whatsapp. Imaginez si nous décidons de toucher une cible beaucoup plus large.

Ce marché va t’il croissant ou décroissant ?

Je dirais bien que c’est un marché croissant. Parce que 1 client sur 4 sollicite nos produits bios. Même s’ils représentent une minorité pour le moment, il ya des personnes qui font attention à leur santé et qui vont bientôt influencer leurs semblables.

Vos clients, ce sont plutôt des Sénégalais ou des étrangers ?

Plutôt des Sénégalais, mais des Sénégalais de la diaspora. Il faut noter aussi les ambassades, les restaurants de luxe et les hôtels qui accordent aussi beaucoup d’importance à ces produits bios.

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culture de la fraise bio au Sénégal

Le marché n’est-il que régional ou également sous-régional ?

Il est également sous-régional. Il ya des pays de la sous région notamment Côte d’Ivoire, Nigéria, Togo, Afrique du sud etc, qui s’intéressent à ces produits bios.

Vendez vous plutôt à des organismes, sociétés ou des particuliers ?

Nos cibles pour le moment ce sont plutôt des particuliers. Pour commercialiser nos produits nous avons créé une communauté autour des réseaux sociaux afin de communiquer sur nos produits et les commercialiser. La totalité de nos produits agricoles disponibles sont écoulés à travers notre groupe WhatsApp WAALU MA AGRI.

Existe-t-il un organisme habilité à octroyer le label « bio » au Sénégal ?

Pour le moment non. Personnellement je ne connais pas un organisme qui octroie le label « bio » au Sénégal. Mais je pense qu’il est temps de penser à ça. Certains des acteurs sont regroupés dans la Fédération des producteurs bios au Sénégal mais pas tous. Il existe aussi une autre structure du nom de la Fédération des agropasteurs qui s’adonnent à l’agriculture biologique et qui regroupe l’ensemble des agriculteurs de Cayar qui s’investissent dans l’agriculture biologique.

Avec le programme PRODAC le gouvernement actuel semble avoir pris en compte le potentiel de l’agriculture et les activités y afférents, y avez-vous eu recours ?
Nous nous sommes rapprochés du PRODAC pour trouver des pistes de partenariat et développer notre innovation. Mais il n’y a jamais eu de suite. Le gouvernement a développé des programmes ambitieux pour l’agriculture sénégalaise. Mais je me pose des questions : est ce que ces programmes sont bien muris ? Es ce que les ressources humaines chargées de piloter ces programmes sont conscients de se qui se passe sur le terrain ? Ces programmes sont-ils juste pour le décorum ou pour changer le visage de l’agriculture sénégalaise. Car il ya trop de lacunes et pas mal d’éléments incontournables et prioritaires négligés dans ces programmes développés de 1960 à nos jours.

Pensez-vous que les entreprises individuelles telles que la vôtre sont suffisamment appuyées par les instances gouvernementales ?
Non. Des structures proposent des idées qui peuvent révolutionner l’agriculture sénégalaise. Mais étant vus comme trop utopistes, certaines instances gouvernementales préfèrent ne pas tenter l’aventure avec les porteurs de projet que nous sommes. De nos jours certaines start-up jugent qu’il ne faut pas trop compter sur les structures d’appui de l’Etat car elles sont des retardataires de business.

Selon vous, les Sénégalais comprennent-ils la démarche du bio au lieu de l’agriculture classique ?
Malheureusement les Sénégalais ne comprennent pas la démarche bio. Certains même disent que c’est une approche qui appartient aux occidentaux. Le problème est que le gouvernement ne s’investit pas dans la sensibilisation vers une agriculture biologique. Pire, le gouvernement encourage les agriculteurs à rester dans l’agriculture classique à travers leur démarche politique habituelle. A chaque campagne le gouvernement distribue des engrais et pesticides chimiques subventionnés, aux agriculteurs du monde rural. Nous cherchons à atteindre l’autosuffisance, la sécurité alimentaire dit-on. Mais est ce que disposer de fruits et légumes empoisonnés va à la rencontre de la sécurité alimentaire préconisée ?

Croyez-vous les gens suffisamment sensibilisés au bio ?
Les Sénégalais ne sont pas suffisamment sensibilisés au bio. Nous devons lancer des campagnes de formation et de sensibilisation afin d’orienter les agriculteurs vers l’agriculture biologique et pousser les consommateurs à faire plus attention à leur santé. Car tout part des consommateurs. Si tous les consommateurs décidaient de ne manger que du bio, tous les agriculteurs vont s’orienter vers l’agriculture verte, s’ils souhaitent écouler leurs produits à la fin de la récolte.

Le bio offre t-il plus ou moins de rendement que l’agriculture classique ?

Contrairement à l’agriculture classique, l’agriculture bio fait vivre la terre. Elle permet de disposer des rendements de qualité et constants sur des années alors que l’agriculture classique tue vos terres au bout de 5 à 10 ans. Si la terre est bien alimentée, vous pouvez disposer des rendements largement supérieurs avec des produits de qualité (calibre, goût etc) et qui plus est, sur une période plus longue.

Contact : Guédiawaye, Hlm Las palmas, Golf sud
221 77 795 71 15
Facebook : thierno.agne

Irène Idrisse

Messages

  • fr

    Bjr, j’habite à Paris mais j’ai un ami sénégalais qui vit à Tambacounda et qui a un petit terrain. Je l’encourage à y faire pousser des légumes bios et des arbres comme le morigas. Il aurait besoin d’une formation ou de conseils dans ce but sur place. Où peut-il trouver le trouver à Tambacounda ?

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  • sn

    Je vous suis depuis un moment et ce que vs faites est si intéressant ,je travaille la terre mais les resultats ne suivent pas et je voudrais me perfectionné que dois je faire ? Merci et a bientôt

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  • cm

    Bsr Souleymane. Trop impressionné par votre vision. Pourrais je avoir votre numéro whatssap pour vous faire part de mon projer

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