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Le pagne tissé Ndiago : un tissu rempli d’histoire

Les élégantes de Dakar jouent les belles avec ces écharpes colorées et si fashion. Leur taille basse ou robe en pagne tissé font ressortir ce côté traditionnel qui illumine l’Africaine.

Partagez cette page Publié le 26 mars 2018 | 0 commentaire

Le pagne tissé et son passé historique

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Une histoire raconté par des pagnes-Sénégal

C’est un tissu rempli d’histoire. Un pagne qui est parfois gardé dans les familles de génération en génération. Le pagne Ndiago ou pagne Mandjack, que l’on utilise lors des cérémonies, fait partie intégrante de la vie dans certaines communautés. Pendant les mariages, on s’en sert pour couvrir la mariée. Le jour du baptême d’un nouveau-né, il est enveloppé dedans par sa grand-mère (la jeune maman le passera ensuite à la prochaine génération, ainsi de suite). On s’en sert aussi comme linceul lors des enterrements. Avant qu’il ne devienne populaire, vous ne pouviez pas le voir dans la rue et il fallait attendre un évènement précis pour que l’on le sorte des armoires.

Un art qui se transmet de génération en génération

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Pagne tissé-Un art ndiago-Sénégal

Être tisserand est un héritage chez les peuples Ndiago. On se passe le flambeau de père en fils. Parfois le métier à tisser qui est utilisé peut facilement avoir une trentaine d’années. L’apprentissage du métier commence très tôt : d’abord comme assistant (arranger les fils, porter les rouleaux, ranger les pagnes, etc.), avant de faire ses preuves et avoir droit à son propre métier à tisser. Pour chaque métier à tisser, au moins quatre personnes travaillent en chœur. L’un étale le fil sur le métier, un autre aide à passer le peigne, un autre aide à passer les navettes ou l’ensouple. Ce travail à la chaîne permet ainsi de faire un pagne en 48 heures maximum selon la longueur et les motifs choisis.

Autrefois, seuls les pagnes étaient commercialisés, mais aujourd’hui, les artisans se sont aussi lancés dans la confection d’écharpes. Les écharpes simples et les patchées sont très prisées par les femmes qui les utilisent comme accessoires.
Les prix ici varient en fonction du travail que demande la création. Les écharpes coûtent entre 8 000 et 20 000 FCFA. Quant au pagne, il se vend entre 15 000 et 35 000 FCFA.

Une demande croissante

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Une demande croissante-Pagne tissé-Sénégal

À Colobane, où se trouve une dizaine de métier à tisser, on travaille du matin au soir pour faire face à la forte demande. Les femmes d’affaires sont les clientes les plus assidues, viennent ensuite les stylistes et enfin les clientes ordinaires.
Les stylistes sont friands de ce pagne, car il est rare et les collections minimales. Sur le marché, un vêtement en pagne tissé vous coûtera très cher.

Mais si les artisans ne chôment pas, ils se sentent un peu floués dans ce business, car la vente de leurs produits profite surtout à leurs clientes. Pour ces travailleurs qui sont dans l’informel, ils ne connaissent ni les rouages de l’exportation, ni les marchés porteurs pour écouler leurs produits. Une aubaine pour les revendeurs qui achètent au prix bas et revendent parfois cinq fois plus cher, surtout à l’étranger. Le pire disent-ils, c’est que les exportateurs se font aussi passer pour les créateurs. Ils n’auront même pas le plaisir d’être reconnus pour leur talent.

Kabanta Nanki, qui gère les tisserands de Colobane, a hérité de cette passion de son père et sait que les revenus sont loin de valoir le travail abattu : « Les prix que nous pratiquons sont très en deçà de tout le travail que demande la confection de ces pagnes. Tout est fait à la main, le travail est minutieux et prend du temps. Alors, quand nous nous rendons compte que certains gagnent trois ou quatre fois plus grâce à notre sueur, c’est pas très motivant. » Certaines clientes sont très fidèles et viennent depuis des années s’approvisionner pour ensuite expédier leur marchandise à l’étranger. « J’ai une dame qui vient ici presque tous les deux mois pour acheter des pagnes et des écharpes. Au début, elle venait en car rapide et aujourd’hui, elle roule en grosse 4x4. J’ai appris qu’elle vend nos pagnes entre 60 et 70 000 FCFA et qu’elle dit que c’est elle qui les fabrique. On se sent un peu utilisé pour enrichir les autres. »

Le combat aujourd’hui pour ces artisans serait donc de se professionnaliser pour pouvoir se lancer dans l’exportation de leur produit.

Eva Rassoul

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