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Idrissa Diene : le bio man de Joal

Investi dans le social depuis belle lurette, l’homme se définit d’ailleurs comme un « agent de développement ». De sa collaboration avec des organismes internationaux tels que Plan international et l’Usaid, à son odyssée dans le bio : que ce soit sa formation en Californie ou son combat pour implanter et organiser la culture bio « à Joal et au delà », entretien avec un homme adepte des pratiques agricoles respectueuses de la Terre.

Partagez cette page Publié le 26 décembre 2017 | 0 commentaire

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Idrissa Diene, 51 ans révolus. Je suis titulaire d’un diplôme d’état de travailleur social spécialisé en organisation communautaire. Actuellement, je suis producteur agricole à Joal.

Comment vous qualifieriez vous ?

Etant travailleur social spécialisé en organisation communautaire, ayant bénéficié de formation en population, développement et santé de la reproduction à l’UCAD mais aussi en agriculture bio-intensive en Californie, je me qualifie alors d’agent de développement.

Comment en êtes vous venu au bio ?

Je suis venu au bio grâce à Lamine Diawara à travers l’association Oasis Grow bio-intensive (OGB) mise en place en 2012.

Avez-vous suivi une formation relative au bio ?

Mon initiation en bio remonte en 2013 au centre Fankanta par Lamine Diawara qui organisait des sessions de formation tous les dimanches à l’intention des membres d’OGB. Par la suite j’ai bénéficié d’un stage de formation de six mois en Californie par le biais de l’ONG américaine Ecology Action. Cette formation était beaucoup plus pratique. Des cours magistraux étaient organisés tous les lundis et le reste de la semaine était entièrement pratique.

Quel est votre parcours avant votre rencontre avec le bio ?

Travailleur social spécialisé en organisation communautaire : assistant au coordonnateur chargé du développement communautaire d’un projet santé communautaire à Plan international dans la région de Louga. Nous nous occupions de la prise en charge nutritionnelle des personnes vivant avec le Vih au niveau de la région et de la prévention de l’infection à Vih au niveau des routiers et pêcheurs. Cependant, j’ai toujours pratiqué l’agriculture en tant que fils d’agriculteur et propriétaire terrien.

« Par ailleurs, j’ai l’ambition d’organiser et de renforcer les capacités des producteurs agricoles de Joal »

Aujourd’hui vous êtes à Joal. Quel est le projet qui vous y a mené ?

Aujourd’hui je suis basé chez moi à Joal pour y mener mes activités agricoles. Cela fait suite à une réflexion profonde après mon stage aux Usa. Je dispose de terres et je suis bien outillé ; donc rien ne s’opposait plus à mettre en place une structure de production qui puisse assurer mon autonomie en matière alimentaire et financière. Par ailleurs, j’ai l’ambition d’organiser et de renforcer les capacités des producteurs agricoles de joal.

Concrètement, comment cela se passe sur le terrain ?

Sur le terrain, certains producteurs pratiquaient du bio mais la majorité opte encore pour l’agriculture conventionnelle et certains parmi eux associent les deux. La cadence est encore lente mais avance surement.
Pour une meilleure organisation et une efficacité, l’association des producteurs agricoles de Joal est mise en place depuis janvier 2016.

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Pépinière d’oignons-agriculture bio-Joal-Sénégal

Concrètement, quelle valeur ajoutée cette initiative apportera t-elle à Joal ?

Les valeurs ajoutées à cette initiative seront un gain financier avec la diminution des coûts de production, une régénération des sols qui s’appauvrissent de jour en jour avec l’utilisation à outrance des produits chimiques, une meilleure conservation des produits agricoles, des produits agricoles de qualité pour la consommation et enfin une meilleure gestion environnementale (collecte, tri et transformation des ordures ménagères en compost).
Faites vous de la sensibilisation au sujet de toutes les pratiques regroupées sous le terme générique « bio » ?
Pour le moment, la sensibilisation est timide mais des perspectives sont en vue.

« … le bio s’imposera et aura une place de choix au niveau de Joal et au-delà »

Quels sont les obstacles que vous rencontrez ?

En termes d’obstacles, notons d’abord les résistances au changement : les producteurs sont habitués à l’utilisation de l’urée et de l’engrais chimique.
Ensuite, le manque de moyens limite considérablement nos ambitions en termes de renforcement de capacité et de sensibilisation des acteurs.

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Champ de poivrons-agriculture bio-Joal-Sénégal

Dans cinq ans, comment voyez-vous l’initiative dont vous êtes en charge ?

Dans cinq ans, lorsque l’on aura réalisé notre projet de compostage, lorsqu’on aura formé les acteurs agricoles et sensibilisé la population consommatrice, le bio s’imposera et aura une place de choix au niveau de Joal et au-delà.

Êtes-vous heureux de poser les premières pierres d’une entreprise noble et utile telle que celle –ci ?

Je suis très heureux d’être un précurseur de l’agriculture bio intensive à Joal. Cette technique est adaptée au contexte actuel, du fait que la terre devient de plus en rare. Ceci, du fait de l’explosion démographique qui pousse les autorités à morceler les terres à usage d’habitation ou pour des investissements à buts sociaux. La culture bio permettra sur de petits espaces, de développer une agriculture saine pendant toute l’année et de manière durable.

Irène Idrisse

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